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1888

A PROPOS D’UN « CENTENAIRE » DE CALDERON

Paul-Marie Verlaine

CE poète terrible et divinement doux, Plus large que Corneille et plus haut que Shakspeare, Grand comme Eschyle avec ce souffle qui l’inspire, Ce Calderon mystique et mythique est à nous.

Oui cette gloire est nôtre, et nous voici jaloux De le dire bien haut à ce siècle en délire : Calderon, catholique avant tout, noble lyre Et saints accents, et bon catholique avant tous,

Salut ! Et qu’est ce bruit fâcheux d’académies, De concours, de discours, autour de ce grand mort En éveil parmi tant de choses endormies ? Laissez rêver, laissez penser son Œuvre fort

Qui plane, loin d’un siècle impie et ridicule, Au-dessus, au-delà des colonnes d’Hercule !

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