AH ! d’être heureux puisqu’on le peut, puisque la vie Tumultueuse nous a tué toute envie Autre que d’être calme en un lieu calme enfin ! Nous boirons quand nous aurons soif. Quant à la faim,
Des repas frugaux mais nourris sauront l’éteindre. Que nous dussions jamais l’un ou bien l’autre atteindre Aux splendeurs, aux sommets, nous en désespérons, En nous aimant plus fort, nous nous consolerons.
Les dimanches et jours de fêtes, car tu goûtes Ça, l’on ne verra plus que nous deux sur les routes De Sèvres à Clamart et de Meudon au Pecq, Avec des propos gais, mais retenus au bec.
Nous rentrerons vanés, fauchés – l’or embarrasse Aussi parfois – et puis nous dormirons, chair lasse, Après, hein ? Si tu veux, des manières à nous. Et je commencerai la fête à tes genoux.
Puis sur ton cœur, et nous dormirons sans grand rêve. L’hiver, nous irons au théâtre ! je n’en crève Plus de désir, mais toi tu raffoles de ça. Et nous verrons de beaux décors qu’un tel brossa,
Et nous applaudirons tel calembour superbe. Puis nous irons coucher, mieux encor que sur l’herbe, Dans le grand lit de châtaignier qu’aura vu tant De fois moi dans le paradis, sage et prudent,
Qu’est devenu le tien pendant nos durs passages D’ailleurs c’est ça, restons toujours prudents et sages Quelqu’un nous bénira qui déjà nous bénit. Aimons-nous en époux apaisés dans leur nid.
La tendresse n’y perdra rien, tout au contraire – Rien d’exquis que d’être aux yeux des gens sœur et frère !
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