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1890

A G***

Paul-Marie Verlaine

TU m’as plu par ta joliesse Et ta folle frivolité. J’aime tes yeux pour leur liesse Et ton corps pour sa vénusté.

Mais j’ai détesté tout de suite La gourmandise de ta chair. J’abhorre ton besoin de cuite (Non pas celui qui m’est si cher,

Le besoin d’être avec cet homme Encore vert qui serait moi), J’abomine pour parler comme Il faut, ton goût pour trop d’émoi

Joyeux, gamin, charmant sans doute… Au fait, j’y pense, je suis vieux Tant (cinquante ans !) et t’es en route Pour tes dix-huit ans… pauvre vieux !

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