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1887

UN SOIR

Émile VERHAEREN

Et des bouches d’argent et des regards de pierre Taisent immensément le glacial mystère De ce minuit, dallé d’ennui. En des cirques d’éther et d’or, seules et seules,

Les constellations tournent comme les meules De ce minuit, dallé d’ennui Des monuments silencieux et des étages Se devinent, par au-delà des grands nuages

De ce minuit, dallé d’ennui. Sait-on jamais quels imminents sépulcres sombres, Scellés de fer, vont éclater, parmi les ombres De ce minuit, dallé d’ennui ?

Quels pas sonnant la mort et quelles cohortes Viendront casser l’éternité des heures mortes De ce minuit, dallé d’ennui ? Et clore, à tout jamais, ces yeux de pierre,

Cristaux mystérieux et ors, dans la paupière De ce minuit, dallé d’ennui.

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