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1885

SOIR RELIGIEUX

Émile VERHAEREN

Près du fleuve roulant vers l’horizon ses ors Et ses pourpres et ses vagues entre-frappées, S’ouvre et rayonne, ainsi qu’un grand faisceau d’épées, L’abside ardente avec ses sveltes contreforts.

La nef allume auprès ses merveilleux décors : Ses murailles de fer et de granit drapées, Ses verrières d’émaux et de bijoux jaspées Et ses cryptes, où sont couchés des géants morts ;

L’âme des jours anciens a traversé la pierre De sa douleur, de son encens, de sa prière Et resplendit dans les soleils des ostensoirs ; Et tel, avec ses toits lustrés comme un pennage,

Le temple entier paraît surgir au fond des soirs, Comme une châsse énorme, où dort le moyen âge.

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