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1887

LES CHAUMES

Émile VERHAEREN

À cropetons, ainsi que les pauvres Maries Des légendes de l’autrefois, Par villages, sous les cieux froids, Sont assises les métairies :

Chaumes teigneux, pignons crevés, carreaux fendus, Souffreteuses et lamentables ; Le vent siffle, par les étables Et par les carrefours perdus.

À cropetons, ainsi que les vieilles dolentes, Avec leurs cannes aux mentons, Et leurs gestes, comme à tâtons, Elles s’entrecognent branlantes,

Derrière un plant gelé d’ormes et de bouleaux, Dont les livides feuilles mortes Jonchent le seuil barré des portes Et s’ourlent comme des copeaux.

À cropetons, ainsi que les mères meurtries Par les douleurs de l’autrefois, Aux flancs bossus des talus froids, Et des sentes endolories,

Pendant les deuils de brume et d’envoûtement noir Et les novembrales semaines, Ô les tant pauvres par les plaines, Ô les si tristes dans le soir !

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