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1887

LES ARMES DU SOIR

Émile VERHAEREN

Tandis que la nuit froide étage sa terrasse Par au-delà des bruyères et des forêts, Le soir qui meurt, le soir ! jette sur les marais, L’éclair de son épée et l’or de son armure,

Qui vont flottant au flot le flot, flottants et vains, À peine encor frôlés par la splendeur diurne, Mais lentement baisés, par la lèvre nocturne De la lune pieuse et douce, aux mains d’argent,

Seule, qui se souvient du jour, pâle évoquée, Et des grands ciels brandis avec de l’or au clair, Pâle évoquée, en la pâleur pâle de l’air, Éternellement pâle et lointaine, la lune !

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