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1883

IV

Émile VERHAEREN

En automne, saison des belles pourritures, Quand au soir descendant le couchant est en feu, On voit au bas du ciel d'immenses balayures De jaune, de carmin, de vert pomme et de bleu.

Les flots traînent ce grand horizon dans leurs moires, Se vêtent de ses tons électriques et faux, Et sur fond de soleil, des barques toutes noires Vont comme des cercueils d'ébène au fil des eaux.

Les voix du jour mourant, funèbres et lointaines, Roulent encor dans l'air avec le vent des plaines Et les sons d'angélus tintant de tour en tour ; Mais tous cris vont mourir, et mourir toutes flammes.

L'appel des passeurs d'eau va se taire à son tour… Voici qu'on n'entend plus qu'un bruit tombant de rames.

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