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1883

EN HIVER

Émile VERHAEREN

Le sol trempé se gerce aux froidures premières, La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, Et met au bord des toits et des chaumes branlants, Des coussinets de laine irisés de lumières.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières, A travers le désert des silences dolents, Où de grands corbeaux lourds battent l'air des vol lents Et s'en viennent de faim rôder près des chaumières.

Mais depuis que le ciel de gris s'était couvert, Dans la ferme riait une gaieté d'hiver, On s'assemblait en rond autour du foyer rouge, Et l'amour s'éveillait, le soir, de gars à gouge,

Au bouillonnement gras et siffleur du brassin, Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d'airain.

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