Skip to content
1885

CROQUIS DE CLOÎTRE

Émile VERHAEREN

À pleine voix — midi soleillant au dehors Et les chants reposant — les nones sont chantées, Dans un balancement de phrases répétées Et hantantes, comme un rappel de grands remords.

Et peu à peu les chants prennent de tels essors, Les antiennes sont sur de tels vols portées, À travers l’ouragan des notes exaltées, Que tremblent les vitraux au fond des corridors.

Le jour tombe en draps clairs et blancs par les fenêtres ; On dirait voir pendus de grands manteaux de prêtres À des clous de soleil. Mais soudain, lentement, Les moines dans le chœur taisent leurs mélodies

Et, pendant le repos entre deux psalmodies, Il vient de la campagne un lointain meuglement.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CROQUIS DE CLOÎTRE · Émile VERHAEREN · Poetry Cove