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1945

TEMPS MAUDITS

Henri VENDEL

Depuis des ans, les obus tombent, pluie monotone. Des enfants meurent sous les bombes Dieu nous pardonne !

Récolte amère de l'esprit, les baies que nos pères cueillirent au fond des greniers ont nourri la faim mortelle des vampires.

Qui Jeta les clefs de la guerre à la folie ? Qui sema les hommes en terre et les oublie ?

Le diable seul compte les morts abandonnés sans sépulture, tous les morts qu'une malemort livre sans nom aux pourritures.

Des orages de sang éclatent aux tendres nuits et la terre a plus de stigmates qu'il n'est de fruits.

Jamais aux mers ne fut jeté si pesant repas de cadavres. Ceux que les fleuves ont porté se perdront-ils, sans port ni hâvre ?

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