J'égrappe des cassis et songe
à ma mère en son potager.
Une sourde angoisse me ronge
sous le ciel calme, si léger.
O temps heureux des confitures
dans la grand bassine de cuivre !
Sur les baies planait le murmure
d'une joie intense de vivre…
Là, maintenant, le canon tonne,
la maison tremble, hélas ! peut-être
s'est écroulée. Peurs monotones
qui chassèrent de la fenêtre
le cher visage d'autrefois.
O mort, si tu ne fus cruelle,
ma mère prie à demi-voix
et, plus encore que pour elle,
pour son fils. Plus de nouvelles,
aucun contact. Mais nos prières
en Vous, Seigneur, mêlent leurs ailes.
Songez à la Mère au Calvaire!