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1945

POUR LES MORTS EN CAPTIVITÉ

Henri VENDEL

Les tilleuls de tes mails dans la brume s'effeuillent et ton âme est pareille à la vieille aux tisons. Ne pleure plus, ô France, une folle saison mais, l'oreille aux tombeaux, médite et te recueille.

Qu'importe au cœur altier, qu'importe l'indigence ? Ton deuil même t'élève et le fardeau sacré des fils tôt revenus au sol dont ils sont nés. Tu les portes en toi comme avant leur enfance,

mais les os que retient une terre étrangère… Cueille l'ultime rose à ton jardin d'automne, mère des morts, et soulevant ton voile, donne ton plus tendre baiser à ceux-là de nos frères

qui s'abreuvent d'exil jusqu'en leurs cimetières.

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