Les tilleuls de tes mails dans la brume s'effeuillent
et ton âme est pareille à la vieille aux tisons.
Ne pleure plus, ô France, une folle saison
mais, l'oreille aux tombeaux, médite et te recueille.
Qu'importe au cœur altier, qu'importe l'indigence ?
Ton deuil même t'élève et le fardeau sacré
des fils tôt revenus au sol dont ils sont nés.
Tu les portes en toi comme avant leur enfance,
mais les os que retient une terre étrangère…
Cueille l'ultime rose à ton jardin d'automne,
mère des morts, et soulevant ton voile, donne
ton plus tendre baiser à ceux-là de nos frères
qui s'abreuvent d'exil jusqu'en leurs cimetières.