Le vent nocturne se lamente.
Clamera-t-il le deuil du monde ?
Sans fin, par d'invisibles sentes,
monte la mort, menant la ronde.
Fatigue, froid, faim carillonnent
aux oreilles des claquedents;
les cris d'angoisses tourbillonnent
et se tourmentent les déments.
Par les champs nus mordent la terre
à pleines dents les morts des guerres.
Cornent le vent et la misère !
Les villes sont des incendies
où, calcinés, des enfants meurent.
Corne le vent, battent les pluies !
Cette goutte, sur mes paupières,
n'est-ce pas — enfin — Dieu qui pleure ?