Délire, sur les monts, du soleil qui se couche !Délire, sur les monts, du soleil qui se couche !
Les vallées, soûles d'ombre, ont des râles d'écume
et les dieux infernaux grondent aux profondeurs,et les dieux infernaux grondent aux profondeurs,
mais nul ne saisit plus les oracles des brumes.
O ventres de la nuit, ténèbres maternelles,
l'avenir est le fruit des plus sombres entrailles !
Nuit de la terre, où brûle une flamme éternelle,
quel regard glissera, prophétique, en tes failles ?
Et toi, sur les fronts morts couveuse de soleils,
nuit océane où flotte une laitance d'astres,
quel horoscope ardent prédira les réveils
qui naîtront, quelque jour, de nos pires désastres ?
Nuit des siècles sans nom où les races humaines,
aveugles, pêle-mêle, et baignées dans le sang,
tâtonnent, nuit hantée de meurtres et de haines,
nuit d'orphelines peurs et de vagissements,
nos vieilles nations vers tes eaux baptismales
se précipitent, nuit des tombes en révolte,
nuit de métamorphose où la mort libérale
sème déjà le grain de lointaines récoltes.