Colline sainte, Acropole, quelle victoire
a sur toi lourdement posé des pieds bottés ?
quel vol sur ton rocher s'abattit d'aigles noirs
qui dévorent l'offrande à tes autels sacrés ?
Athéna-Promachos, de ta main sur ta lance
n'as-tu senti frémir le courroux, o guerrière ?
Terrible, s'évadant de la nuée profonde,
la troupe, à ton appel, des Érynnies s'élance
et nul n'arrêtera leur furie meurtrière.
Justes lois qui veillez sur le rythme du monde,
jamais flèches, ni dards, immortelles, ne blessent
en vain le doigt que vous tendez vers le destin.
Les dieux même, les dieux redoutant leur faiblesse
que fléchirait parfois le malheur des humains,
les dieux vous ont remis d'enfanter l'avenir.
Heureux celui-là seul que votre ombre protège !
Comme au sommet des monts une fumée de neige
à vos pieds qui vont droit se perdent les prières,
Nul ne modifiera l'inflexible cortège.
Vous commandez aux cieux, aux saisons comme aux guerres
et déjà sur les mers notre espoir vit surgir
Némésis couronnée de victoires altières.