Le hasard — qui n'est pas si bête ! —
voulut que j'eusse, en mon exil,
deux livres seuls, mais quelle fête !
tout Paul Verlaine et l'Évangile.
Crierez-vous à l'irrévérence ?
leur voisinage me ravit
et s'accorde mieux qu'on ne pense.
La vérité, chacun la dit,
selon la chair, selon l'esprit.
Paul (malgré tant de bons apôtres
qui damneraient toute liesse,
je préfère ce Paul à l'autre),
Paul aima trop vigne et caresses.
Du moins, ne fut-il hypocrite
et Jésus pardonna très vite,
à ce vieil enfant, ses faiblesses.
J'écoute donc les Paraboles,
puis les poèmes de Sagesse
et les Romances sans paroles.
Voix de prophète ou de poète,
c'est toujours la Vérité nue
et, pour mon âme, quelle fête
d'errer en la double avenue !