La terre tremble. Les coups sourds
à mes tempes se répercutent.
Angoisse : les bombardiers lourds
que visent-ils ? quels points de chute ?
Parents, amis, las ! tous mes proches
je ne sais où sont en péril.
Comment, de la funèbre approche,
les protéger en mon exil ?
J'écoute, et soudain ce galop…
Je reconnais le pas, Victoire,
de tes chevaux qui sonne haut
dans la mémoire. Est-ce la gloire ?
Plus belle encor : la liberté
Rompant nos malheurs et nos chaînes,
relevant les fronts indomptés,
dans ta course tu nous entraînes
et ton canon est notre pouls,
bien-aimée, quand tu viens vers nous.