Nos mains pleines de sang, d'orgueil et d'épouvante,
nos mains ont,'par les nuits, semé telles semailles
que brûlèrent les morts dans les moissons ardentes
et leur cendre se mêle au chant des funérailles.
Nos mains, pleines de sang, d'orgueil et d'épouvante,
ont meurtri l'avenir au creux chaud des matrices,
et le jour, effrayé des monstres qu'il enfante,
le jour, ivre d'horreurs, se jette aux précipices.
Nos mains pleines de sang, oserons-nous les tendre ?
Quelle colombe y souillerait sa gorge blanche
et quel bonheur voudrait, banni du ciel, descendre
en ces nids dont le poids fit éclater les branches ?