Chantez, les amours des autres
Le printemps rit dans la cour,
mais celles qui furent nôtres,
où sont-elles ? Ce beau jour
n'est ivresse qu'aux moineaux.
Libres, libres épousailles !
L'allégresse des chêneaux
brille en l'or d'un brin de paille.
Vous fîtes mon nid, Seigneur,
au creux de cette prison,
mais la peur et le malheur
ont de sombres couvaisons.
Tant de sèves prisonnières
qui seront fleurs et feuillages,
tant de grâces printanières
qui vont éclore aux visages…
Chantez, les amours des autres !
Jésus marche vers la Cène
dans la joie de ses apôtres
mais, captive de ses peines,
mon âme à se lamenter,
plus seule qu'aux pluies d'hiver,
mon âme au sort démâté
vogue-t-elle vers l'enfer ?