Le vent qui peigne la fumée,
l'amour dont la chanson fut vaine
et le massacre des armées,
tant de vies, Père, tant de haines
qu'un peu de soleil évapore
ainsi qu'une brume d'aurore…
Ne sont-ils dignes de vos soins,
les pas des hommes éphémères
qu'un dur destin tient en son poing ?
Les nues accourent aux fontaines,Les nues accourent aux fontaines,
mais où va l'eau de la rivière
qui ne sut demeurer en mer ?
Où va le fleuve des armées
dont le flot roule de si loin
qu'il coule sans finir jamais ?
Le vent qui peigne la fumée,
ne fane-t-il aussi le foin ?
Aux soldats las, de vains combats,
Seigneur, et d'épuisants parcours,
accordez, avant le trépas,
de faire halte en votre Amour.