Vaste ciel, plus profond que les profondes mers,
si pur et si léger qu'il ne pèse aux feuillages,
hymne infini, pâmé de soleils et d'éther,
je te retrouve, azur, et t'offre mon visage.
Ah ! baigner ma poitrine aux océans d'aurore,
plonger dans le chant clair du merle — chers frisons!
puis, tel un printemps neuf dont les bourgeons se dorent,
m'enivrer de fleurir, corbeilles et buissons !
Je fus le grain qu'on jette aux prisons de la terre
et qui pourrit, obscur, sous la neige et le vent.
Seigneur, vous m'avez fait renaître à la lumière :
mêlez mes épis mûrs à votre pain vivant.