Par le vieux pont Putte-Savate
errent les siècles disparates,
combien de dames et d'amour,
mais, plus encor, combien de peines ?
Ce sont les pas de tous les jours,
et non les talons de la reine,
qui marquent la terre d'empreintes.
Les hommes coulent comme l'eau
sous le vieux pont Putte-Savate,
et ne sais quel plus lourd bateau
que ce cœur trahi par la vie…
Traînant désirs, pillages, craintes,
la guerre passe, et la folie.
Hélas tant d'hommes qui se battent,
qui peinent, prient, rêvent, bâtissent,
laisseront moins de trace au monde
que cette eau paresseuse, lisse
sous le vol brisé de l'aronde.