Les palais tomberont, et l'or au fond des mers…
Je serai seul, recru de fatigue et de maux,
je serai nu sous les lambeaux de ma misère,
je serai seul avec mon cœur et d'humbles mots.
Alors, quand je viendrai, Seigneur, tendre la main,
poudreux, boitant, fourbu, comme un gueux des chemins
qui n'a plus que la peau, ses os et son bâton,
Vous ne jetterez pas à mon âme un quignon,
mais Vous direz : « Mon pauvre, je te reconnais.
Sois bienheureux, toi que les guerres dépouillèrent,
car te voilà toi-même enfin ! — et tu renais
béni, comme Adam nu, de posséder la terre. »