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1945

LE JUGEMENT DERNIER

Henri VENDEL

Lorsque les ossements, ultime floraison, s'élanceront de terre et qu'au souffle des anges dans le ciel éclaté les trompes sonneront, n'étendez pas sur nous une main qui se venge,

Seigneur Le feu d'enfer, nous l'avons tisonné comme d'aveugles doigts innocents de leurs crimes. A votre tribunal, squelettes nouveau-nés, nous attendrons sans peur le verdict qui rédime,

car nous dûmes hâler de trop pesants destins. Vous ne frapperez pas du fouet de la colèreVous ne frapperez pas du fouet de la colère l'âme qui vous chercha dans ces jours incertains. Errants et pourchassés vers des buts fatidiques,

nous fûmes les porteurs de vouloirs inconnus. Nous fûmes dans la nuit les esclaves tragiques dont les serpents de feu mordent les talons nus. Las, nous viendrons, courbés encore, au Jugement.

Alors dans les éclairs de la chute des mondes, rayant d'astres sans nom le dernier firmament, le sens apparaîtra de notre vie profonde.

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