Hasard et goût, je fus guichetier de pensées,
mais, prisonnier -moi-même entre des murs de livres,
ébloui de leurs ors, ai-je oublié de vivre ?
Parfois, quand le chant de la rue à mes croisées
battait, j'eus le regret d'un chaud contact humain…
Pourtant ma part fut belle et je vous remercie,
Semeur des quatre vents, d'avoir empli ces mains.
J'ai tout aimé, jours de sagesse ou de folies.
S'il me faut maintenant porter mon faix de peines,
o livres dont les mots ont un somme d'abeilles,
donnez-moi votre miel et votre cire pleine,
à moi l'humble gardien des pages qui sommeillent.