Ce n'est pas ici la Maison
hélas ! Seigneur, de notre Père
et ces murs froids, murs de prison,
demeurent sourds à la prière.
Tant de maux pourtant les assaillent
tant de malheurs, tant de tourments,
que, malgré ces tristes murailles,
Vous devez y venir souvent !
Me voyez-vous, dans ma cellule,
traînant, au long de lentes heures,
des soucis qui ne capitulent
et, malgré tout, quelque bonheur ?
Vous êtes le seul, Fils de Dieu,
avec qui je puisse parler,
toute ma lumière, et le feu
qui réchauffe mon sang gelé.
Prenez pitié, doux compagnon !
J'ai faim, j'ai froid et je suis seul.
Au vasistas de ma prison
votre ciel a l'air d'un linceul.
L'ombre même en ces murs se meurt,
votre nuit n'a plus de visage.
Visitez-moi, pour que mon cœur
retrouve un peu de son courage !