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1945

LE COMPAGNON

Henri VENDEL

Ce n'est pas ici la Maison hélas ! Seigneur, de notre Père et ces murs froids, murs de prison, demeurent sourds à la prière.

Tant de maux pourtant les assaillent tant de malheurs, tant de tourments, que, malgré ces tristes murailles, Vous devez y venir souvent !

Me voyez-vous, dans ma cellule, traînant, au long de lentes heures, des soucis qui ne capitulent et, malgré tout, quelque bonheur ?

Vous êtes le seul, Fils de Dieu, avec qui je puisse parler, toute ma lumière, et le feu qui réchauffe mon sang gelé.

Prenez pitié, doux compagnon ! J'ai faim, j'ai froid et je suis seul. Au vasistas de ma prison votre ciel a l'air d'un linceul.

L'ombre même en ces murs se meurt, votre nuit n'a plus de visage. Visitez-moi, pour que mon cœur retrouve un peu de son courage !

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