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1945

LE CHEMINEAU

Henri VENDEL

Appel des trains dans la nuit. Vers quelle aventure ? Pèlerin, n'es-tu pas saoul des terres promises ? Les rats mangèrent le grain avant la glanure : ton espoir, il s'envola comme balle en bise.

Dormir ! dormir tu n'aspires plus qu'au repos, mais de quel droit ? quels travaux t'ont rendu si las ? Qu'as-tu fait de tes jours, de tes joies, de tes maux ? dis quel butin, et sur les crêtes quels combats ?

Tes mains sont vides. Sac au dos ! Par les chemins, les champs, les bois et les déserts vers les mirages, marche ! Les soleils naîtront de nouveaux matins, et si tes pas jamais n'atteignent le rivage,

si tu dois succomber avant le terme, écoute, chemineau, l'appel des horizons : meurs en route !

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