Appel des trains dans la nuit. Vers quelle aventure ?
Pèlerin, n'es-tu pas saoul des terres promises ?
Les rats mangèrent le grain avant la glanure :
ton espoir, il s'envola comme balle en bise.
Dormir ! dormir tu n'aspires plus qu'au repos,
mais de quel droit ? quels travaux t'ont rendu si las ?
Qu'as-tu fait de tes jours, de tes joies, de tes maux ?
dis quel butin, et sur les crêtes quels combats ?
Tes mains sont vides. Sac au dos ! Par les chemins,
les champs, les bois et les déserts vers les mirages,
marche ! Les soleils naîtront de nouveaux matins,
et si tes pas jamais n'atteignent le rivage,
si tu dois succomber avant le terme, écoute,
chemineau, l'appel des horizons : meurs en route !