O cœur du conquérant à lui-même inconnu !
Quelle pulsation projette sur le monde
le sang, haineux soudain, des peuples ingénus ?
Aigle qui soulevas les hommes dans tes serres,
tu voulus, fol orgueil ! rendre la mort féconde
et de tes yeux d'acier lire dans les éclairs.
Mais un dieu, dictateur, te force à ton destin.
Tu ne sais quelle aurore à ton appel se lève,
quel astre étend ton ombre et quel souffle t'élève,
car tu cèdes toi-même à quelque obscur instinct.
Proie sans répit offerte aux demains qu'elle ignore,
en vain tu veux monter d'un essor continu :
de son rapace bec l'avenir te dévore,
o cœur du conquérant de lui-même inconnu.