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1945

LE CŒUR DU CONQUÉRANT

Henri VENDEL

O cœur du conquérant à lui-même inconnu ! Quelle pulsation projette sur le monde le sang, haineux soudain, des peuples ingénus ? Aigle qui soulevas les hommes dans tes serres,

tu voulus, fol orgueil ! rendre la mort féconde et de tes yeux d'acier lire dans les éclairs. Mais un dieu, dictateur, te force à ton destin. Tu ne sais quelle aurore à ton appel se lève,

quel astre étend ton ombre et quel souffle t'élève, car tu cèdes toi-même à quelque obscur instinct. Proie sans répit offerte aux demains qu'elle ignore, en vain tu veux monter d'un essor continu :

de son rapace bec l'avenir te dévore, o cœur du conquérant de lui-même inconnu.

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