Vous ne m'avez pas fait pour respirer la haine,
Père, mais le parfum de la sauge et du thym.
Bourdon plus enivré d'air pur que de pollen,
par les chemins en fleurs je pille sans butin,
et ne porterai point de miel fauve à la ruche.
Ne fut-il pas, secret, d'autre but à mon vol ?
Insoucieux du vent, de la pluie, des embûches,
liant du même amour le ciel avec le sol,
tout m'était joie, et maintenant c'est de douleur
que je m'abreuve, à des corolles d'amertume.
Ah ! qu'il dissipe enfin, votre soleil, Seigneur,
l'étouffante nuée de frayeur et de brume !