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1945

LE BAL DES MOUCHES

Henri VENDEL

Ce vain ballet, sous le lustre, des mouches, tant d'avancées, tant de reculs farouches, n'est-ce l'image, autant qu'une fumée, des joies de l'homme et du jeu des armées ?

Combien sont morts de capitaines et combien aux terres lointaines qui s'endormirent dans leurs peines ? La terre tourne et les fleuves l'enlacent.

Le blé mûrit, dont les faux ne sont lasses. Des soldats jouent, le soir, devant ma porte, des soldats jouent et le vent les emporte. Qui peut me dire qui nous mène ?

et quel noir tyran nous entraîne, fils d'amour, à semer la haine ?

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