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1945

LA VILLE INCENDIÉE

Henri VENDEL

La ville, si paisible, a flambé comme une âme, la petite ville endormie. De hautes flammes ont tordu sous le ciel l'immense chevelure des désirs que celait son immobilité.

Elle est nue maintenant et montre ses brûlures. Ce qui fut joie, intimité, n'est plus qu'un amas- monotone dont le vol des corbeaux s'étonne.

Tout gît. Seules, filles du feu, les cheminées, comme des bras levés qui réclament justice, parmi les éboulis, la boue, les graminées, jaillissent. Les hommes sont vaincus, mais les choses

crient vers le ciel, de tout l'éclat des cicatrices. La ville, endormie dans sa vie, la ville aux roses d'incendie, la ville est morte et ne repose.

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