Tunique de fer et de flamme, temps maudit,
ne pourrons-nous de nos épaules t'arracher !
Brûlé vif lentement par tes fibres, l'esprit
se tourmente et se tord comme au feu d'un bûcher.
Ah ! vivre nu, libre dans l'air et sans attaches,
aller par les chemins ou les champs pacifiques,
hors du temps, hors du monde, être l'agneau sans tache
qui paît loin du troupeau… Vain rêve ! la tunique
d'enfer colle à ma chair, et les siècles futurs,
oubliant mon regard et l'appel de ces mots,
les siècles ne verront que cette robe impure
où la guerre a brodé le feston de ses maux.