Les femmes, pieds nus, vont à leur misère.
Bercez leurs enfants, rafales d'effroi.
La mère est sans lait, le père à la guerre,
la bise de mort corne sur les toits.
Les hommes ont froid, les hommes ont faim.
La terre n'est plus qu'une immense plaie
où lape l'hiver, comme un loup, sans fin.
Sœurs de nos malheurs, âmes condamnées
qui pesez les maux, sur quelle balance
et de quel poids lourds ceux de notre temps
Jamais tant de morts ne firent si dense
par les nuits de sang la plainte du vent…