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1945

LA MER

Henri VENDEL

Par la guerre enfantés du ventre des navires, les cadavres en vain tombent dans les abîmes. En vain, fleuves errants, toujours grossis, nos crimes mêlent un limon rouge au flux qui te déchire.

Telle est, immensément, ta farouche amertume que nul ne te pollue, o pure, chaste mer. Pourquoi baigner nos cœurs de ta sauvage écume, usant comme un galet ce mal où je me perds ?

Déferle sur nos jours, et d'un raz de marée formidable, tes vagues hurlant de colère, purifie la terre de l'homme — à tout jamais !

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