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1945

LA DERNIÈRE ÉTOILE

Henri VENDEL

Quand je n'aurai plus que mon sang à boire et que mon cœur pour me chauffer, quand ma faim sera comme une plaie noire et ma vie un souffle défait;

si je deviens las de sentir mes os danser une macabre danse, que j'écoute enfin l'appel au repos qui monte du gouffre en silence;

Vous dont les tendres mains, au bois clouées, portèrent les péchés du monde, — qu'elles pesaient lourd, les âmes damnées, les âmes aux rires immondes,

qu' elles pesaient lourd aux paumes trouées ! — laissez-moi, Seigneur, conserver l'espoir que me veille votre amitié pour que, dans ma nuit, je puisse vous voir

comme une étoile de l'été !

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