Quand je n'aurai plus que mon sang à boire
et que mon cœur pour me chauffer,
quand ma faim sera comme une plaie noire
et ma vie un souffle défait;
si je deviens las de sentir mes os
danser une macabre danse,
que j'écoute enfin l'appel au repos
qui monte du gouffre en silence;
Vous dont les tendres mains, au bois clouées,
portèrent les péchés du monde,
— qu'elles pesaient lourd, les âmes damnées,
les âmes aux rires immondes,
qu' elles pesaient lourd aux paumes trouées ! —
laissez-moi, Seigneur, conserver l'espoir
que me veille votre amitié
pour que, dans ma nuit, je puisse vous voir
comme une étoile de l'été !