Vers quels destins, pleins d'ombre et de soleils magiques,
aveugles, errent-ils, les peuples dont la trace
est de cendre ? Ils vont, lourds d'angoisses, de menaces,
poursuivis par le vol des oiseaux maléfiques.
Migrations ? fols tourbillons ? vengeance ? haine ?
L'homme est parti, lâchant les fauves de leurs cages.
Tous les maux oubliés rôdent par les villages,
le sang des innocents troublera les fontaines…
O vous, demeurés seuls dans les vieux cimetières,
morts, obstinés gardiens de nos défuntes gloires,
vous qui remémorez entre vous notre histoire,
soyez le bouclier, ossements, de la terre.
Seraient-ils vains, au Jugement, tous les efforts
que firent les saints clairs et les calmes héros ?
Les vainqueurs de jadis nous tendent leurs flambeaux.
Ah ! temps si noir qu'il n'est espoir que dans les morts !