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1945

L'ESPOIR AUX MORTS

Henri VENDEL

Vers quels destins, pleins d'ombre et de soleils magiques, aveugles, errent-ils, les peuples dont la trace est de cendre ? Ils vont, lourds d'angoisses, de menaces, poursuivis par le vol des oiseaux maléfiques.

Migrations ? fols tourbillons ? vengeance ? haine ? L'homme est parti, lâchant les fauves de leurs cages. Tous les maux oubliés rôdent par les villages, le sang des innocents troublera les fontaines…

O vous, demeurés seuls dans les vieux cimetières, morts, obstinés gardiens de nos défuntes gloires, vous qui remémorez entre vous notre histoire, soyez le bouclier, ossements, de la terre.

Seraient-ils vains, au Jugement, tous les efforts que firent les saints clairs et les calmes héros ? Les vainqueurs de jadis nous tendent leurs flambeaux. Ah ! temps si noir qu'il n'est espoir que dans les morts !

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