L'avril approche : heureux qui le verra fleurir !
Nous que voici ne cueillerons la primevère
mais, par l'âge ou le feu condamnés à périr,
nous serons tôt couchés entre les draps de terre.
Le bel avril naîtra de notre pourriture.
Quand vous danserez nus sous d'éclatantes roses,
songerez-vous, adolescents des temps futurs,
mêlant notre poussière aux discutes des causes,
songerez-vous que notre mort fut nourriture ?