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1945

L'ASSASSIN DES JOURS

Henri VENDEL

Quel rêve suspendit sa noire chevauchée ? Tout dort. Silence. Une lune, complice, luit. Où sont les morts ? seul, dans l'horloge mal timbrée, le temps, à dents de souris, grignote la nuit.

Je me réveille brusque, et tel qu'un assassin devant ce grand corps nu du monde sans défense. Ah ! que n'ai-je des mains d'étrangleur du destin, ces mains, du vieux forçat la suprême espérance !

Demain n'est qu'un fœtus au ventre des ténèbres. Toi qui sais le secret des feuilles de l'armoise, ne vas-tu le guider vers les fleuves funèbres, ce demain que le crime avant l'aube apprivoise ?

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