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1945

L'ARÔME

Henri VENDEL

Je fais ce poème aux champs, le dos sur le serpolet. Des brebis paissent, le chant de la caille vient des blés.

Chaque faim quête sa proie, et pourtant, quelle douceur et quelle paisible joie me pénètrent jusqu'au cœur!

La plante que j'ai meurtrie m'embaume de sa blessure. O mort, n'es-tu qu'harmonie au concert de la nature ?

Et l'horreur de nos carnages se peut-il qu'un dieu la goûte comme un arôme sauvage né de ses pas sur la route ?

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L'ARÔME · Henri VENDEL · Poetry Cove