La mort rôde, Seigneur, comme un loup dans les bois.
Nous respirons l'écœurement de son haleine
partout, la chair a peur et l'âme est aux abois.
Le ciel même, où le Père étendait son domaine
de calme amour, le ciel est un buisson ardent.
Les peuples, affolés, fuient au hasard des plaines.
Et moi, dans ma prison, plus que tous impuissant,
je tends vers Vous des mains qui voudraient protéger.
Combien de sang, la nuit, tout bas, coule, innocent!
S'ils errent, dents serrées, sous un ciel toujours sourd,
ceux que j'aime, s'ils ont loin de moi naufragé,
abritez-les, Seigneur, arche des mauvais jours !