Père, Vous connaissez mieux que moi ma misère,
et mieux que moi savez quels seront mes besoins.
Vous mènerez vers Vous mon aveugle prière
pour qu'à d'autres autels on ne l'égare point.
Notre ciel s'est peuplé de monstres inconnus,
dont les cris, et le vol, et la faim nous effraient.
Masques repeints, les vieux Satans sont revenus
et je vais tâtonnant par de noires forêts.
Maître dont les regards dominent l'horizon,
Vous qui pouvez compter les cheveux de nos têtes,
Vous qui voyez mon cœur avec ses trahisons
et quel obscur désir me livre encore aux bêtes,
dirigez-moi. Je m'abandonne entre vos mains
et je veux simplement tout ce que vous voulez.
Voie de la Vérité,soyez-moi le chemin
qui mène par les monts aux divines vallées !