Je partirai, — Dieu sait vers quoi,
et qui m'attend, l'amour ? la mort ?
ou combien de tristes émois
la guerre me réserve encore !
Je partirai. Regretterai-je,
un jour, le temps de ma prison ?
Ma peine pèse, rien n'allège
un poids qu'alourdit la saison.
Mon âme en vain à ces murs lisses
quête une marque d'amitié,
sur leur glacis tout appel glisse
même les murs sont des geôliers.
Lit de fer noir, paillasse dure,
lavabo qui sent l'urinoir,
porte à judas, tinette, ordures,
où la pitié du désespoir ?
Tout est de fer ou de ciment,
tout est de gel, les choses n'aiment.
Oh ! les tableaux qui, tendrement,
semblaient se pencher vers moi-même!