Lents, mornes jours… Qu'il soit donc fête en ma mémoire !
Les souvenirs feront des batailles de fleurs
et des soleils couchants prolongeront leurs gloires
sur les murs assombris de peur et de langueur.
Plus heureux que les rois d'antiques caravanes,
je porte en moi mes palais d'or et de porphyre.
Au parvis de mon cœur dansent mes courtisanes,
et, plus secret encor, fleurit un pur sourire.
Roses des nuits, o présences des morts fidèles,
vos pétales pourprés qu'une main d'ombre cueille
embaumeront le rêve où se plaisent mes ailes
avant que, dans le vent, l'hiver ne vous effeuille.
Qu'on me lie Je ferai dans mes songes moisson,
car les clefs n'ouvrent pas les greniers où s'entassent
mes trésors. Et mon âme, en leurs amas profond,
mon âme de puiser ne sera jamais lasse.