Le rouge-gorge, solitaire,
se tait sur la neige du clos.
Le grain qui pourrit dans la terre
lèvera-t-il ? ou les corbeaux…
Mon sang pèse, mes jours sont noirs,
l'hiver m'a pris et m'a lié,
je cède sous le désespoir
et ne sais plus même prier.
Dieu se cache dans un ciel lourd
empli d'une étoupe étouffante.
Les cris sont vains, le monde est sourd
et la misère seule enfante.
Je suis une terre sans sève,
une chose qu'on abandonne.
La mort ne fera-t-elle trêve ?
N'est-il plus de main qui pardonne ?
Rouge-gorge, cette étincelle
qui te permet de vivre encore,
o solitaire, d'où vient-elle,
quand les matins n'ont plus d'aurore ?