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1945

DÉSESPOIR

Henri VENDEL

Le rouge-gorge, solitaire, se tait sur la neige du clos. Le grain qui pourrit dans la terre lèvera-t-il ? ou les corbeaux…

Mon sang pèse, mes jours sont noirs, l'hiver m'a pris et m'a lié, je cède sous le désespoir et ne sais plus même prier.

Dieu se cache dans un ciel lourd empli d'une étoupe étouffante. Les cris sont vains, le monde est sourd et la misère seule enfante.

Je suis une terre sans sève, une chose qu'on abandonne. La mort ne fera-t-elle trêve ? N'est-il plus de main qui pardonne ?

Rouge-gorge, cette étincelle qui te permet de vivre encore, o solitaire, d'où vient-elle, quand les matins n'ont plus d'aurore ?

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