L'exil est dans la foule et non pas dans les champs.
Tout me rassure ici, le choc des épis mûrs,
l'alouette et le mélilot, même, obsédant
le sombre appel qui déjà vient du sol obscur.
Je dormirai si bien sous les herbes que j'aime
Lorsque Dieu jugera que ma sève tarit,
villes, épargnez-moi votre prison suprême,
l'horreur du cimetière où le nombre pourrit.
Qu'on me creuse une tombe au soleil, dans un pré,
puis qu'on invite alors les simples du chemin :
je veux; payer ma dette et je leur donnerai
mon sang comme breuvage et mon cœur en festin.