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1945

ATTENTE

Henri VENDEL

D'autres se battent. J'attends… J'attends, depuis des années, que s'apaisent les autans, comme une âme condamnée

qui ne peut rien à sa peine. Ah ! l'horreur est monotone de cette maraude humaine où sans fin le canon tonne !

Je suis las de toujours voir la mort mener la misère. Je suis las de ne pouvoir faire rien que des prières.

Jour et nuit, rouges fontaines, jaillit tant de jeune sang, et, malgré ce flux, la haine garde encore la soif aux dents.

Nos cœurs sont des cimetières aux tombes toujours nouvelles. Quand les tristes Filandières, crampe aux mains, chômeront-elles ?

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