D'autres se battent. J'attends…
J'attends, depuis des années,
que s'apaisent les autans,
comme une âme condamnée
qui ne peut rien à sa peine.
Ah ! l'horreur est monotone
de cette maraude humaine
où sans fin le canon tonne !
Je suis las de toujours voir
la mort mener la misère.
Je suis las de ne pouvoir
faire rien que des prières.
Jour et nuit, rouges fontaines,
jaillit tant de jeune sang,
et, malgré ce flux, la haine
garde encore la soif aux dents.
Nos cœurs sont des cimetières
aux tombes toujours nouvelles.
Quand les tristes Filandières,
crampe aux mains, chômeront-elles ?