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1945

APPROCHE

Henri VENDEL

On fane. L'herbe meurt et parfume l'air tendre. L'alouette grisolle et le blé songe aux meules. Chanteront-ils encore, les grillons, sous la cendre, lorsqu'aux longs soirs d'hiver mon âme sera seule ?

Mais où sera mon âme, où ses frêles amours, quand les buissons mouillés n'auront plus qu'ombre vaine. La mort hume l'arôme hélas ! de ces beaux jours, sa main prend notre épaule et déjà nous entraîne,

o fleurs, vers quelle danse et quel sabbat immondes ? Au bruit des faux dans l'herbe un grondement se mêle, et, tandis que s'ébranle une macabre ronde, les oiseaux vers leurs nids volent à tire d'ailes.

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