Vole, Victoire, et sois légère à notre terre.
Tes sabots d'or ont frappé la nue d'étincelles,
mais dès qu'ils poseront sur notre sol, modère
un galop trop pesant, souviens-toi de tes ailes !
Nos mains ne mènent plus, hélas ! tes fiers chevaux,
mais tu fis trop longtemps avec nous alliance
pour avoir oublié les routes de la France.
Songe aux blés de la plaine, aux peupliers des vaux,
épargne les clochers, le vieux pont et l'auberge,
le maréchal-ferrant, sa forge et sa maison,
tous ceux qui, pour te voir, firent brûler des cierges,
appelant ta venue comme une guérison.
Vole, Victoire, et sois pareille à ton image
que doraient notre amour et notre longue attente.
Pose ton baiser clair aux fronts de nos villages
et que ton pas ailé n'écrase que les menthes !