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1945

A L'ORÉE DES PRODIGES

Henri VENDEL

Les anges qui jouaient du luth, de la mandore, de la viole, où volent-ils ? ceux dont la voix de soprani berçait l'Enfant-dieu qui s'endort, une pomme en sa main, dans l'ombre de la croix ?

Où volent-ils, les anges blonds aux longues robes ? Dans le ciel ravagé de mortels météores, quel nuage de sang à nos yeux les dérobe ? J'écoute, au bord des nuits, l'oreille à leur margelle.

Le silence divin parfume seul l'haleine de la terre endormie. Anges, à tire d'ailes revenez, revenez des envolées lointaines ! Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,

mon âme est à l'affût des choses éternelles.

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