Les anges qui jouaient du luth, de la mandore,
de la viole, où volent-ils ? ceux dont la voix
de soprani berçait l'Enfant-dieu qui s'endort,
une pomme en sa main, dans l'ombre de la croix ?
Où volent-ils, les anges blonds aux longues robes ?
Dans le ciel ravagé de mortels météores,
quel nuage de sang à nos yeux les dérobe ?
J'écoute, au bord des nuits, l'oreille à leur margelle.
Le silence divin parfume seul l'haleine
de la terre endormie. Anges, à tire d'ailes
revenez, revenez des envolées lointaines !
Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,
mon âme est à l'affût des choses éternelles.